Les autres doctorants 1.
Parce que même si l'on se sent souvent bien seul dans son travail de recherche, il ne faut pas oublier qu'il y a autour de nous pleins d'autres doctorants plongés dans un état à peu près similaire au nôtre.
Le doctorant, cet extra-terrestre auquel on ne prête pas forcément attention au premier coup d’œil et qui pourtant n'est pas un être humain comme les autres. Dépendant des études, il aime l'école à mourir et c'est concrètement ce qu'il fait : il se tue pour elle.
Si un novice ne le reconnaîtra pas de prime abord, les initiés savent se reconnaître entre eux : le même regard noyé dans une quête infinie, la même façon de s'habiller et de se coiffer sans trop d'intérêt quand il ne donne pas cours, etc. On se croise tous les jours à la même heure, aux mêmes places à la BU (On se bat parfois même pour celles qui sont à côté des prises pour PC). On s'adresse un regard plein d'empathie qui en dit long, tout en songeant "pourvu que je finisse avant lui". On prend les pauses toujours en même temps et aux mêmes heures. On s'amuse à savoir de quelle discipline viennent les uns et les autres en fonction de la façon dont ils ont de s'habiller. On essaye de deviner quel est le sujet de thèse de l'autre en guettant les livres qu'il emprunte. On fait la course quand on en voit un se diriger vers le secrétariat de l'école doctorale pour arriver avant lui "parce qu'on n'a pas que ça à faire". On prie pour que les autres ne fassent pas de demandes d'aides à la mobilité pour qu'il reste plus d'argent pour nous. Aux pots organisés par l'université, c'est à celui qui mangera le plus de petits fours, histoire de profiter au maximum du peu de choses qu'on nous donne...
Bref, nous autres doctorants, sommes tous pareils. Et pourtant, jamais on n'ose se parler...
Tous dans le même bateau, chacun sa galère...
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